Du 16 au 25 Février 2012, dans le cadre de notre Détour de France et suite à l’invitation de Laëtitia Cordier dans son projet de Rue des Cités, nous sommes intervenus dans le 15ème arrondissement de Marseille, dans un territoire à cheval sur les Aygalades et le Castellas.

LA RUE DES CITÉS.
La Rue des Cités est un projet porté par Laëtitia Cordier depuis près de deux ans, né de l’absence de liens entre la Cité des Arts de la Rue, structure de création culturelle dont elle est issue, et les cités d’habitations avoisinantes.
Ce projet est une rue imaginaire reliant la Cité des Arts de la Rue à la halte TER Saint-Joseph-Castellas, en passant par la cité des Aygalades, le parc de l’Oasis et la cité du Castellas. Ses objectifs sont triples : créer du lien entre les cités elles-mêmes, dynamiser et favoriser les initiatives locales, et enfin faire rayonner cette portion réduite de territoire dans le territoire marseillais plus large.
© LesDixChats - Rue des Cités _
© LesDixChats - Rue des Cités

VERS UNE LECTURE PARTAGÉE DU TERRITOIRE : DEUX OUTILS POUR UNE RENCONTRE.
C’est sous une forme d’itinérance que nous avons souhaité aborder ce territoire. Chaque jour, nous nous sommes installés dans différents endroits, et sommes entrés en contact avec la population à l’aide de deux outils : un dessin à annoter représentant l’ensemble de la Rue des Cités et un atelier de fabrication de chaises en bois. Avec ses deux outils, nous sommes allés successivement autour du jardin ” Ça coule de source ” situé en bas des Aygalades, sur le ” Plateau ” des Aygalades, dans l’école primaire puis le centre social du Castellas, et enfin sur le terrain de pétanque situé au Nord du parc de l’Oasis.

1/ UNE CARTE DU TERRITOIRE À ANNOTER.
Le premier des deux outils que nous avons mis en place, clin d’œil à notre projet Légende Urbaine, est une vue axonométrique de l’ensemble de la Rue des Cités, de 2,50m x 1m, collée sur un support rigide. Dessinée à la main, simplifiée dans ses détails, elle permettait à chaque personne de se localiser de manière assez précise. Les participants étaient invités à choisir parmi l’un des quatre thèmes proposés, correspond chacun à une couleur : bleu pour Rêves d’ailleurs, jaune pour Idées de changement, vert pour À découvrir, violet pour Bêtises.
Une fois le thème choisi, le participant écrivait son souhait, son intention, sa remarque ou son histoire sur un papier de la couleur correspondante, et le collait sur cette carte en l’ayant situé géographiquement. Il contribuait de cette manière à la construction de cette cartographie et pouvait réagir aux mots laissés par d’autres, venant ainsi alimenter une discussion sur le territoire. Petit à petit, les ensembles bâtis dessinés disparaissaient pour laisser la place à une mosaïque de commentaires, proposant une lecture plus sensible des lieux.

2/ UN ATELIER DE FABRICATION DE CHAISES.
En parallèle de la carte du territoire, nous avons mis en place un atelier de fabrication de chaises réalisables grâce une seule planche bois massif longue de 4m, dont les lignes de découpes avaient été préalablement tracées. Les chaises étaient destinées à être disposées dans l’espace public pour être utilisées par tous.
Par groupe de deux personnes et encadrées par un membre du collectif, les passants étaient invités à se saisir d’une de ces planches et à suivre les différents établis que nous avions mis en place, correspondant à chacune des étapes du processus de fabrication, et formés de palettes et de guides. Ainsi se succédaient un premier établi pour la découpe à la scie égoïne, un second pour l’assemblage au clou des montants et un troisième pour la fixation à la viseuse de l’assise et du dossier. En une dizaine de minutes il était possible de réaliser une chaise robuste.
L’étape suivante consistait à écrire, dans l’encart prévu sur une des tranche de la chaise, un message destiné aux futurs passants qui verront ce mobilier disposé dans l’espace public. Une fois le texte signé, les personnes partaient avec leur chaise sous le bras pour aller la placer dans un lieu de leur choix : dans un parc, au pied d’un immeuble, sous un porche… On immortalisait ensuite ce moment par une photographie du lieu, et on terminait enfin par la localisation sur la carte de la Rue des Cités le premier emplacement de cette ” chaise postale ” .


UNE APRÈS-MIDI DE RESTITUTION PUBLIQUE POUR PROLONGER L’ÉCHANGE.
Afin de prolonger l’échange tout en restant dans ce concept de chaises itinérantes, nous avons édité une série de cartes postales que nous avons distribuées aux gens rencontrés.
Elles figuraient sur le recto une photo d’une chaine située là où son constructeur l’avait réalisée, ainsi qu’une phrase prononcée par une autre personne à un autre moment. C’est dans ce croisement d’expressions singulières qu’émerge des situations surprenantes.
Au verso, on retrouvait cette Rue des Cités, qui localisait sur le territoire l’emplacement initial de chacune des chaises fabriquées.
Ces cartes ont pour vocation de voyager de la même manière que les chaises, d’essaimer sur le territoire, afin de prolonger la construction symbolique de la Rue des Cités.


Merci à Laetitia Cordier, Dominique Santiago et l’association R’iposte 15, Bérangère Magaud, Elodie Poulin, Margaux Vigne, Aurélie Lemoine, Camille Condez, Ivanne Gribé, Magali Marchand, Fanny Liatard, Agathe Sicard, David Paul, Philippe et les ateliers Sud’Side, la cité des arts de la rue, le centre social du Castellas, l’école primaire du Castellas-Lions, le collège Massenet, aux habitants de la rue des cités, aux autres…

2 Comments

  • Moynault cécile dit :

    très beau travail et encore félicitation pour ce que vous avez fait à l’école ( castellas )

  • Clerc dit :

    Absolument BEAU ce projet j’adore l’idée et c’est ce que j’aimerai faire dans le quartier ou je vie entre la partie quartier et le village historique.
    J ‘aimerai m’inspirer de votre projet mais aussi de la démarche bref j’aime l’idée de partage et de le vivre ensemble….
    merci

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