A partir du mois d’avril jusqu’au mois d’août 2012, dans le cadre du Détour de France, le Collectif Etc a participé à ParckDesign 2012, un festival à l’initiative de la Ministre de l’Environnement , de l’énergie et de la rénovation urbaine de Bruxelles Capitale et de son administration Bruxelles Environnement ( IBGE / Département Espaces verts), qui consiste à valoriser des délaissés urbains à partir d’interventions artistiques dans le quartier d’Anderlecht à Bruxelles. Tiphaine Hameau et le Collectif Etc ont été invités par Ost Collective (Julie Guiches, Benoit Lorent et Mattia Paco Rizzi) à écrire et réaliser le projet ensemble.

L’objectif était de transformer un de ces délaissés en un lieu partagé géré de façon collective, comportant jardins potagers, aires de vies et équipements sportifs. Cet espace est à l’écart de la rue, situé entre deux immeubles d’habitations collectifs et un centre associatif nommé le Cüro-Hall. Sa situation est tellement proche des immeubles d’habitations que leurs résidents peuvent se considérer comme usagers privilégiés. La stratégie est de s’appuyer sur ce groupe d’usagers et leur intérêt pour le jardinage afin de re-dynamiser cet espace en en faisant un lieu d’échange et de sociabilité. En mettant en place un collectif d’habitants à la fois autonome mais aussi ouvert aux autres et en diversifiant les usages, nous avons souhaité parvenir à une gestion équilibrée entre la ville de Bruxelles, ce collectif d’habitants et les autres usagers potentiels du quartier. Ce projet considère l’intervention artistique comme une entrée et il se veut aussi être social et culturel. Afin d’asseoir le projet dans la durée et d’associer les usagers concernés dans la transformation du délaissé urbain, le projet s’est déroulé en 3 phases sur une durée de cinq mois.

Si le projet s’est réalisé de manière collective entre les 3 partenaires, chacun avait néanmoins des rôles et compétences distincts : Tiphaine Hameau, jardinier-paysagiste, était principalement impliqué dans le premier aménagement du jardin potager et dans l’accompagnement des habitants pour le jardinage. Julie Guiches et Benoit Lorent géraient la coordination avec tous les acteurs locaux : Cürohall, l’I.B.G.E (Institut Bruxellois pour la gestion de l’environnement ), les services de la ville de Bruxelles et les usagers du jardin. Ils ont fait le lien sur le terrain entre les 3 phases. Julie et Benoit ont par ailleurs réalisé la plupart des photos affichées ci-dessous. Le Collectif Etc et Mattia Paco Rizzi ont concentré leurs efforts sur la réalisation des aménagements et sur l’animation des temps fort.


La première phase avait pour but d’abord de rencontrer les habitants des immeubles attenants au terrain et ensuite de transformer physiquement et rapidement ce dernier. Ici, la discussion et l’action se sont menées de front afin de faire valoir notre bonne volonté et de parler de choses concrètes.

1. LA DISCUSSION AVEC LES HABITANTS

Plusieurs discussions avec les habitants ont été nécessaires pour débattre des enjeux du projet et s’accorder sur une vison commune du jardin. En effet le terrain est un espace public mais il a toujours fonctionné en tant qu’arrière-cour des deux immeubles collectifs. Il a une relation visuelle directe avec les jardins des logements en rez de chaussée, il est peu visible depuis la rue et on y accède par une grille dont les habitants ont la clé.
L’objectif était de faire un espace partagé qui serait co-géré par la ville de Bruxelles et par un collectif d’usagers identifié mais qui resterait ouvert au public. Il était évident que la condition de réussite du projet serait avant tout l’implication des habitants des 2 immeubles. Non seulement il s’agissait de motiver ces gens à utiliser et à prendre en main cet espace de manière collective mais il s’agissait aussi de permettre à d’autres gens du quartier de venir en profiter. C’était un double travail de pédagogie auprès des habitants qui a débuté dès la première phase.

2. LE JARDIN POTAGER

Ce premier aménagement était radical afin de transporter les gens dans un autre univers, cependant il restait sommaire et éphémère pour garder la possibilité de le modifier ultérieurement. Après un temps de nettoyage et désherbage du terrain, nous avons recouvert le sol d’un tapis de copeaux de bois teintés en rouge, récupérés dans les stocks de la ville de Bruxelles. Des bacs à planter ont été réalisés à l’aide de bottes de paille, puis remplis de terre et semés.

La gestion de quelques bacs en paille a été attribués aux premiers intéressés. Un bac correspondait à une famille. Des ateliers d’initiation au jardinage ont été organisés par Tiphaine Hameau avec les habitants.











La deuxième phase avait pour but de provoquer du débat et de la discussion autour d’expérimentations de différents usages. Depuis la première phase, les gens ont commencé à s’organiser, des problèmes de cohabitation d’usages sont apparus… Les habitants jardiniers ont été suivis et d’autres bacs ont été attribuées mais comment peuvent cohabiter enfants, jardiniers et autres usagers du lieu ?

1. L’AMENAGEMENT DU JARDIN

Trois modules supplémentaires
Tout d’abord 3 modules supplémentaires ont été construits qui s’intègrent dans la trame des bacs en paille. Ils ont respectivement pour fonction des assises, des rangements d’outils de jardinage et un bac à sable. Ils ont été réalisés avec l’aide de voisins.




Amélioration des usages de base
Les plots en béton, témoins de l’ancien aménagement du site, ont été déplacés pour faire de la place. Un système de récupération d’eau pluviale et d’arrosage a été mis en place afin de faciliter l’entretien des jeunes pousses. Pendant ce temps là, le nom du jardin a été acté par les enfants des immeubles voisins : LA PLAINE X70 (prononcer ” dix – septante”). Ce nom fait référence au code postal du quartier : 1070 et, selon les coutumes locales, le terme ” plaine ” désigne un terrain vague . Des grandes lettres en bois ont été fabriquées avec une association du quartier et accrochées sur le portail revisité à l’aide de fer à béton. Chaque bacs à jardiner était géré par une famille habitant les immeubles environnants. Pour les aider, Tiphaine Hameau menait des ateliers d’accompagnement au jardinage.







2. EXPÉRIMENTATION AVEC LES HABITANTS

Afin que cet espace devienne agréable et vivant, nous avons questionné l’imaginaire de tous afin de trouver des solutions pour compléter la vie autour du jardin. Nous avons donc proposé de tester différents usages de ce lieux, en construisant un seul socle en bois qui s’est vu transformé chaque jour pour intégrer de nouvelles fonctions : un jour c’était barbecue, un autre, cinéma, balançoire, escalade, piscine, football, basketball, etc . A chaque nouvelle installation, les gens étaient invités à la construire avec nous, puis à organiser des mises en scènes dont les photos ont permis de valoriser tous ces usages et d’en discuter. Ci dessous, est disponible un livret qui dresse un bilan de ces expérimentations et qui a été distribué aux habitants.


















Cette dernière phase avait pour objectifs d’ouvrir le jardin sur le quartier, de compléter son aménagement et enfin de rendre autonome les usagers dans la gestion de celui-ci.

1. L’OUVERTURE SUR LE QUARTIER : LES JEUX OLYMPIQUES D’ANDERLECHT

“Ouvrir le jardin” signifie ici à la fois amener des gens du quartier à utiliser ce jardin et à cohabiter avec ses usagers existants mais aussi permettre à ces derniers de s’approprier d’autres espaces publics dans leur quartier.

Le quartier d’Anderlecht aux alentours des abattoirs, comporte beaucoup d’activités commerciales de toutes sortes ( le marché, des épiceries, boucheries, des garagistes, … ). Il y a beaucoup de circulation et plusieurs espaces publics sont sous exploités et peu appropriés.

Pour cette dernière phase nous avons mis en scène un évènement pendant 1 semaine : les Jeux Olympiques d’Anderlecht. Le principe était de mobiliser les gens du quartier dans l’aménagement du jardin et la valorisation d’espaces publics alentours, par le biais d’animations sportives quotidiennes. Le quartier a été transformé en village olympique pendant deux semaines : Le jardin, c’était le stade dans lequel la remise des médailles avait lieu après chaque épreuve. Les jeunes courges et potirons ont vus se dresser devant eux tribunes olympiques et piste d’athlétisme. Sur un rayon de 500 m autour du Stade/Jardin, cinq lieux dans le quartier ont successivement accueilli une épreuve sportive par jour. Ont participé à ces épreuves les enfants, des passants et des associations de quartier. Nous avions choisi ces endroits pour leurs intérêts urbains et comme pour le stade, nous y avons installé du mobilier urbain déguisé en équipements sportifs. Un journal télévisé quotidien retranscrivais le déroulement des épreuves et un site internet spécifique a été créer pour communiquer sur l’évènement : http://anderlecht2012.tumblr.com/

Chaque épreuve olympique dans le quartier d’Anderlecht s’est déroulée en trois temps :
– Temps 1 : Dans le Stade/Jardin, fabrication des supports pour les épreuves (rampes de golf, gradins, tables de ping-pong,..).
– Temps 2 : Les compétitions sportives on eu lieu sur les cinq lieux choisis dans le quartier. A la fin de la journée avait lieu dans le jardin la remise des médailles suivi de la projection du reportage télévisé de la journée.
– Temps 3 : Les supports pour les épreuves ont été maintenus sur place pouvant ainsi accueillir d’autres usages : assises pour les gradins, rampe d’accès pour le golf, etc.

Dimanche 12 août : la cérémonie d’ouverture
Le dimanche 12 août nous avons commencé par la cérémonie d’ouverture des jeux Olympiques. C’était une parade dans le quartier durant laquelle nous avons défilé avec les enfants en brandissant la flamme olympique tout le long du parcours des épreuves sportives imminentes. Plusieurs éléments de mise en scène avaient été fabriqués pour l’occasion : un drapeau du village olympique, une enceinte et un ampli sur roues, un tableau des scores, un micro pour le journal télévisé et des tenues de sportifs. Des flyers avec un programme de la semaine étaient distribués. Le but était de communiquer sur l’existence de ce jardin et d’inviter les gens du quartier à venir participer aux jeux olympiques





Lundi 13 août : Le golf urbain
La première épreuve fut le golf urbain et eut lieu le lendemain sur deux endroits du quartier : la place devant la pharmacie et le talus enherbé devant la station de métro Delacroix. Devant la pharmacie a été construit une rampe d’accès amovible qui permettait d’une part aux poussettes de franchir les deux marches pour accéder à la pharmacie et d’autre part aux golfeurs de placer leur balle dans le trou au sommet de la rampe tapissée de green. Les golfeurs jouaient en équipe et pouvaient inventer plusieurs ruses pour remporter la partie comme par exemple convaincre un passant qui semblait doué, d’intégrer leur équipe.
A la fin de la journée, la remise des médailles a eu lieu à la Plaine X70, devant les tribunes en construction.



Mardi 14 août : Le street Ping-Pong
Le deuxième jour, c’était le ping-pong sur la place Jean Jaurès en face du canal. Le tournoi eut lieu dans l’après midi autour d’une table et d’un gradin construit à l’occasion. Certains passants se sont prêtés au jeu. En plus des tables de ping-pong, des petits gradins ont été construits pour le confort des spectateurs. Ces gradins étaient ensuite destinés à rester sur place en tant que banc public.



Le Mercredi 15 août : Le Push-Kayak
L’épreuve du push-kayak eut lieu sur les quais du canal. Le canal a été creusé à l’origine dans un intérêt fonctionnel et sanitaire pour répondre en particulier aux besoins des abattoirs florissants d’Anderlecht. N’ayant plus les mêmes fonctions, le quartier tourne à présent le dos à ce dernier et les piétons ne sont pas à l’aise sur ses berges. L’intérêt de l’épreuve du mercredi était de donner une autre vision de ce canal et de questionner ses abords. Le push-kayak est une discipline hybride combinant le pushcar et le kayak : Le bolide est composé de tasseaux en bois galbés sur mesure et fixés sur une brouette. Le temps de l’épreuve, les sportifs ont transformé le trottoir caché par les voitures, en un terrain d’aventure au dessus du canal.




Le Jeudi 16 août : Le 100 mètres
L’épreuve du 100m a eu lieu dans la rue du Compas à l’entrée du jardin de la Plaine DIX70. Cette rue est peu entretenue et ses rez de chaussée sont pour beaucoup des arrières boutiques. Les sportifs ont couru au milieu de la rue aménagée et bloquée à la circulation le temps de l’épreuve. Pour les plus motivés, il y a eu avant la remise des médailles un championnat d’escalade pour inaugurer le nouveau mur dans le jardin.


Le Vendredi 17 août : le Triathlon
L’épreuve de Triathlon a eu lieu entre le jardin de la Plaine DIX70 et les abattoirs d’Anderlecht, ces derniers étant occupés par le grand marché tous les vendredis et samedi. Il y avait trois épreuves en une : la course dans le quartier pour acheter des légumes et des fruits, le concours de la meilleure préparation culinaire et celui de la meilleure présentation dans un endroit adapté aux alentours de la PlaineX70. Un jury composé de passants devait juger les équipes selon ces trois critères. Heureusement, un groupe de jardinières d’origine sicilienne, habitantes du quartier, avaient donné quelques conseils sur la préparation de la sauce Pesto à l’intention des cuisiniers apprentis.



Le journal télévisé quotidien
Tous les jours en parallèle des évènements sportifs, un journal télévisé auto-produit présentait les préparatifs de la mise en scène de l’épreuve, le déroulement de celle-ci et la remise des médailles. Le soir, le reportage était projeté en grand format dans le jardin. L’objectif était de prolonger l’imaginaire des jeux olympiques et d’inciter les gens à venir dans le jardin.





Ci-dessous, le dernier épisode du journal télévisé : la journée de clôture des JO. Pour voir les épisodes précédents, rendez-vous sur : http://anderlecht2012.tumblr.com/

2. L’AMÉNAGEMENT DU JARDIN

Pendant les 2 semaines de préparation et de déroulement des épreuves dans le quartier, nous avons poursuivi la transformation du jardin, amorcée dans les premières phases.

 

L’abri et la terrasse (en collaboration étroite avec Mattia Paco Rizzi) :
Plusieurs fois avait été évoqué l’envie de réaliser un abri pour le jardin. C’est devenu l’élément signal du projet. Mais, loin de se contenter de leurs attributs simplement fonctionnels, l’abri et la terrasse se sont respectivement déguisés en tribune olympique et en piste d’athlétisme. Ainsi le jardin a été transformé en stade olympique à l’occasion des épreuves sportives.
La structure est placée de façon à relier les deux allées en béton existantes et donc les deux entrées du site. Elle crée en plus un appel depuis la rue. L’abri est composé de cinq portiques en bois, lestés par les plots en bétons présents sur le site à l’origine. La toiture est recouverte d’une bâche étanche tendue entre les portiques.













La table de Ping-pong et la table à manger


La transformation des bacs à jardiner
L’utilisation de la paille a permis d’aménager le site très rapidement en phase 1. Cependant ce matériaux était temporaire pour des bacs à jardiner et il était nécessaire de le remplacer par une structure en bois. L’opération s’est effectuée sans déraciner les plantes déjà mûres et la trame s’est densifiée pour créer des bacs supplémentaires à la demande des habitants.






Le mur d’escalade
Sur la base des expérimentations de la phase 2, tout le mur du fond a été transformé en terrain d’escalade. Des prises en bois ont été découpées, poncées, puis fixées au mur.





Le barrière de clôture
Une attention particulière a été portée sur une limite entre la PLAINEX70 et un jardin privatif attenant. En effet elle était constituée d’une barrière métallique légère à travers laquelle il n’y avait aucune intimité possible pour la famille propriétaire du jardin privé. Ainsi un système constructif simple à base de tasseaux de bois a permis de créer un filtre plus efficace.



2. ACCOMPAGNEMENT VERS UNE GESTION AUTONOME

Le cadre de Parckdesign 2012 nous a amené à travailler dans un lieu qui avait été proposé par la ville. Une fois que notre projet s’est trouvé sélectionné, nous sommes allé sur le terrain et avons rencontré des habitants qui ne savaient pas encore ce qui allait se passer en bas de chez eux, dans ce qu’ils considéraient comme leur “terrain vague” privé. Cependant, ils étaient la clef nécessaire à la réussite du projet. Pour cela, il a fallu réunir ces nouveaux voisins, leur expliquer le projet, leur accorder du temps, les inviter à participer, à s’impliquer. Combien de rendez-vous ? Combien de coups de gueule ? Combien de journées de permanence pour OST, les seuls bruxellois de notre équipe ? Combien de fois on a cru que la porte du jardin se refermait pour de bon ? Nous avons organisé de nombreux temps de parole et nous avons pu construire une relation de confiance avec les voisins qui prenaient progressivement conscience de l’intérêt d’un tel jardin.
En phase 3, une table ronde a été organisée pendant laquelle on a pu discuter des enjeux de la réappropriation des espaces délaissés et de l’avenir de la Plaine X70, nous remercions l’IBGE, City Minded, l’Escaut et MyCityLab d’avoir participé à ce débat.


Une fois qu’on a réussi à construire ensemble ce nouvel espace partagé, qui assure la maintenance ? Parckdesign a permis de lui donner vie, mais ne peut pas en assurer la gestion. Est-ce que la ville, qui a déjà bien assez à faire, va adopter ce nouvel espace qu’elle n’a pas forcément choisi ? Est-ce que les voisins, qui ont répondu présent dès le début, vont pouvoir gérer seuls cet espace ? Le rôle de OST était de les accompagner, de faire l’intermédiaire ente les différents acteurs du lieu. Ils cherchent un successeur et espèrent réussir à passer le relais à une structure telle que le Début des Haricots, qui a proposé ses services. Tout reste encore possible et une seule chose est sûre : nous avons pu faire les premiers pas vers une reconquête de ce délaissé, mais on ne peut pas maîtriser le chemin qu’il va suivre. Longue vie à la Plaine DIX70 !

REMERCIEMENTS

Jardinier : Tiphaine Hameau
O.S.T. et Studio Public collectives : Julie Guiches, Benoit Lorent ,Gil Roggen, Mattia Paco Rizzi, Charlotte Calandre (stagiaire).
L’IBGE : Antoinette Servais, Martine Cantillon.
Les commissaires de Parkdesign : Architecture Workroom, Eric Troussicot, Atelier le Balto.
Les ASBL (associations) qui ont participé aux ateliers : Vie associative, Safa, Infor-femmes, Convergences, Cosmos, La Maison de la participation, WalalouWalala, Maison de la cohésion sociale d’Anderlecht.
Les jardinières ambassadrices du quartier : Raymonde, Maria, Josepina, Angela et leurs amies, Loubna.
Tous les participants : Marion Levoir, Sébastien Faye, Marc Mémier, Éléonore Giraud, les amis de passage, les enfants de la rue du compas, les habitants, dans le désordre Chris la Malice, Gyslain, Marie, Djamel, Rachida, Hassan, Mohamed, Larbi, Soulheya, Marouane, Imrane, Soufiane, Sofian, Ismael, tous les Illias & Ilyas et tous ceux qu’on oublie !

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