Du 06 au 19 Août 2018, le Collectif Etc était à Tromsø, en Norvège, pour construire une installation artistique temporaire. Inspirée des aires de jeux, la construction prend place dans un projet plus large porté par le collectif Raumlabor, basé à Berlin, autour de la planification urbaine de cette ville du cercle polaire. En parallèle, le Collectif Etc a écrit et réalisé un docu-fiction en partenariat avec Les Films sur la Comète sur le thème de l’enfance et de la mémoire dans la ville.

In august, we were in Tromso, Norway, to build a temporary art installation in two weeks. Inspired by playgrounds, this was part of a wider project toward city planning lead by Raumlabor, a german-based collective. We also made a movie along this construction workshop with Les Films sur la Comète.

 

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Qu’est ce qu’une aire de jeux ?  Comment l’improvisation et l’auto-construction, que nous avons choisi comme méthode amènent à créer un processus de conception d’un projet spontané pour des enfants mais pas seulement ? Voici l’histoire de notre proposition de construction d’un « terrain de jeux » dans le grand Nord.

What is a playground ? How can improvisation and self-building lead a design process to create a spontaneous environment for children – and not only ? Here is our local based proposal for a risky but exciting “northenmost” playground.

1/5. Le grand grand Nord

Nous nous sommes rendus une première fois à Tromsø en juin dernier, au moment où la lumière du jour éclaire en permanence les montagnes blanches de neige qui contournent la ville. Ce fut un premier moment d’observation de ce contexte hors du commun et l’occasion de rencontrer les différents acteurs avec qui nous allions travailler.

Découvrir Tromsø, la ville la plus au Nord de tout

Nous sommes vraiment très loin des paysages méditerranéens de Marseille. Appelée la « northenmost everything city » (la ville la plus au nord de tout), elle est construite au milieu des fjords typiques de Norvège. Îles, montagnes, eaux froides, météo difficile, musée de la chasse aux phoques ; vous n’êtes pas ici dans une ville anonyme. Ce fut un grand changement après notre très chaud été parisien où nous étions en chantier sur la place du Panthéon.

Tromso is really far away from our mediterranean Marseille’s backgrounds. Called the “northenmost everything city”, it is shaped in the typical norway’s fjords. Islands, mountains, cold waters, hard winter, seal hunting museum : you’re definitely not in an anonymous city here. 
After a hot Paris summer for our Pantheon’s installations, that was quite a change, but a breathtaking one though.

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Accueillis dans la maison de Kristina Junttila – une artiste locale avec qui nous travaillerons tout au long du projet – nous rencontrons Anniken Romuld et Gro Agnethe Stokke, nos interlocutrices privilégiées de la municipalité de Tromsø, ainsi que Malin Mohr et Franziska de l’équipe Raumlabor. C’est en arpentant les quais de bois le long de l’océan rempli de fjords que nous découvrons l’histoire singulière de cet ancien port de pêche, spécialisé dans la chasse aux phoques.

The first intervention in Tromsø was in June where the light comes from the side of the planet  in daylight and over into the night side up here at the top of the planet but where all the landscape was plain of snow. We were really well host in Kristina’s house, the local artist witch whom we have work, in the sud of the island.
 During six days, we were observers of Raumlabor’s (Franziska, Malin and Jan) launching new methods in the construction of a public space through participatory experimentation with Tromsø’s municipality (Anniken and Gro), DRIES (Nicolas) and the local artist (Kristina).  Through this, we have participate, watch and meet at habitant and commercial actors meetings, children workshops with Kristina, public podcast of radio X, artistic festival and boat tour around Tromso island.

 

Place Strandtorget en Juin.

La place de Strandtorget, sur laquelle nous allions intervenir, est l’une des places centrales de Tromsø.  Historiquement c’est le point de départ des ferrys à destination de l’autre côté du bras de mer qui nous sépare du continent. Elle est aujourd’hui une place ensoleillée entourée de cafés, d’enseignes et d’une grande galerie marchande. Tournée vers les montagnes elle offre une respiration appréciable aux rues étroites du centre-ville.

Dessin place Strandtorget par Raumlabor.

Durant ces six jours, nous avons notamment participé aux ateliers organisés par Raumlabor avec les commerçants et les usagers de la place qui se prêtent au jeu et racontent leurs souvenirs autour de la place Strandtorget et leurs envies futures quant à l’aménagement de la place. Puis, nous avons rencontrés des experts et des artistes locaux pour parler de leurs différents projets à Tromsø dans un marathon de cafés. Enfin, nous avons participé aux premiers workshop organisé par Kristina Junttila et son groupe d’enfants autour de la découverte du lieu par des sensations vécues, des histoires loufoques et des jeux dans l’espace.

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Une action coup de poing au sein du projet pilote mené par Raumlabor sur trois ans

Raumlabor nous a contacté pour créer une aire de jeu prévue pour durer un an. Elle devait être conçue comme une installation d’art temporaire qui pourrait activer cette place pour un temps fort, et faire de ce chantier collectif un souvenir important pour les habitants. Cette première action devait être le début d’activations régulières dans d’autres espaces identifiés tout au long du front de mer. Nous connaissons Raumlabor comme des cousins allemands qui nous ont toujours inspirés, c’était donc un plaisir de les accompagner dans ce projet !

Nous savons que les besoins économiques et les compagnies privées de promotions immobilières prennent le dessus sur le développement de nos villes, tout comme sur les désirs et les besoins publics. « Qu’est ce qui est bon pour les habitants? » n’est pas la même question que «  Comment allons nous augmenter nos profits ? ». Raumlabor avance donc avec cette première question en tête, avec l’aide des moyens de la municipalité et l’énergie de plusieurs bénévoles motivés pour récolter les idées et les rêves de transformation pour la ville de Tromsø.

Voici ci-joint quelques documents de la première recherche qu’ils ont réalisé. Vous pouvez y voir le développement des relations avec les habitants de Tromsø autour de la pédagogie et des relations créées entre la municipalité et ses futurs usagers.

dessin place Strandtorget par Raumlabor

Ci-joint les photos du « public space festival » KA-NO que Raumlabor a organisé afin d’activer quelques espaces publics éphémères. Vous y trouverez leur fameuse « bulle », ainsi que plusieurs autres  petites installations, construites en coopération avec des artistes et des acteurs locaux. Tout ça a contribué à créer des situations et des moments uniques de rencontres, de fêtes et d’hospitalité. Ce sont les prémices de notre invitation sur le projet de place publique à Strandtorget.

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Raumlabor first contacted us to create a one year lasting playground, conceived as a temporary art installation that would activate a place in Tromso’s city center. In fact, they were asking one year before to think of that ancient port city’s public spaces development. They are some kind of older german cousins to us, people that inspired us and have decades of experiences through europe, so it was an obvious pleasure to work in the frame they were written.
So what is that frame ? Basically, to include people in an open thinking process and various active actions about Tromso’s seafront development. As usual these days, economics needs and private companies are running most of cities’ development, and even overtake sometimes public priorities and common sense. “What is good to the people ?” is not the same question as “what is going to make me some more money ?”. So Raumlabaor, with the first question in mind, some of municipality’s means and the energy of a few believers decided to gather informations and dreams about Tromso’s future.
Here is some documents about their first research. You can see that they develop both actual communications / relations with Tromso’s inhabitants and pedagogy and informations toward municipality and future developers.
Here is the “public space festival” they organised in order to activate some public spaces for quite a short time. You can see Raumlabor famous “bubble” and others small scale interventions. They have meshed with local artists and actors, and joined actions with thoughts and artistic interventions. All of this began to create “situations”, unique moments that make people look at their everyday life in different perspectives. These are early stages of what was about to become the invitation for our project at Strandtorget.

2/5. Improviser un atoll

L’architecture sans plan d’architectes… mais sans beaucoup de temps non plus !

Pour ce projet, nous avons décidé d’utiliser l’improvisation comme fil rouge du processus de dessin. Nous prenons souvent plaisir à nous inventer des règles, ou des « matrices »,  afin d’intégrer des publics variés dans le processus de dessin et de chantier. Mais nous avons choisi ici un processus créatif plus improvisé, afin de donner plus de libertés aux membres de notre équipe, réunie au complet pour l’activation qui avait lieu en août dernier.

Nous souhaitions lier ce principe d’improvisation à l’imagination débridée que l’on retrouve chez les enfants. De cette manière, le processus de construction était aussi important que le résultat. Il était fondamental pour nous de montrer à tous, et aux enfants en particulier, que notre façon de penser, de rêver, de concevoir et de faire était au cœur de notre pratique et de nos vies, que le résultat et la “réussite d’objectifs” arrivaient en deuxième ligne, car les choses ne sont jamais “finies”.

Anniken et Gro, de la municipalité de Tromsø, ont eu beaucoup de courage au cours des quelques mois qui ont précédés le début du projet. Ce n’était pas toujours évident, mais elles ont accepté d’établir une relation de confiance nous permettant ainsi de ne pas détailler le projet avant de l’avoir réalisé.

Néanmoins, nous avions défini des principes généraux pour le dessin et l’imaginaire de cette installation artistique. Nous sommes partis d’un centre, d’un point dans l’espace semblable à une île, puis entouré d’un anneau, créant ainsi une limite extérieure et un espace possible de liberté dans lequel les enfants sont libres d’évoluer, illustrant une “République des enfants”. Nous avons appelé ce projet “The Atoll”, en référence à des îles et des fjords imaginaires aux contours exotiques.

Première esquisse, volontairement très vague.

C’était un défi délicat : découvrir la ville, animer des ateliers avec des enfants, concevoir, construire, faire un film et des drapeaux en deux semaines.
Il nous a fallu quelques jours pour mettre au point une méthode de dessin, pour improviser tout en gardant de la cohérence entre les installations. Dans le même temps, nous avons travaillé avec Kristina et nous sommes nourris de l’imaginaire développé par les enfants pendant les temps de workshop, organisés en parallèle du chantier. On a ainsi vu des bateaux, des licornes, des monstres, des cabanes, des pirates et des îles prendre forme en découpant des morceaux de tissus, en agitant des scotch, en mimant des pièces de théâtre improvisées, en même temps que l’on commençait déjà à couper le bois pour monter les portiques qui délimiteraient un peu plus tard les bords de l’Atoll.

We decided for this project that full improvisation would lead most of the design process. Though we like to set up rules or “matrix” for some of our projects in order to involve people in the design, we thought it would be an interesting creative process to have an entire freedom for our team.
We thought of children spirit as widely connected to improvisation. Few of us could draw something as free as a child drawing ! Almost all of our team came on this project, so we knew that we could offer ourselves this freedom without affecting its final quality. In that way, the process of how we built were as important as its result. It was important for us to show everybody, and children especially, that the way we think, dream, design and make things are at the heart of our practise – and our lives – and not only its outcome. Because things are never “finished” ! And the rest of that story will show how that is especially true with that fragile and tumultuous project.
Anniken and Gro, from Tromso municipality, were quite courageous in the couple months before the project would start ! Tough it was uncertain, they accepted to set up a trustable relationship about improvisation and that the project wouldn’t be drawn in details before all the team would be on site.
Nevertheless, we set up a general idea : their would be a center, like an island, and a ring surrounding it, creating a limit. We called it “The Atoll”, rooted in local islands and fjords imaginary but shifted into something more exotic. Is was conceived as a “Republic of children”, the ring creating an inside and an outside in the project.
It was a delicate challenge : discovering the city, having workshops with children, designing, building, making a movie and some flags as signage in two weeks. It took us a few days to set up a method to fix everything, meanwhile we worked with Kristina and children.

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3/5. Collaboration avec des acteurs locaux

Une inspiration locale : travailler avec Kristina
Ces workshop menés avec Kristina Junttila avaient pour but d’imaginer une ou des histoires à Strantorget. Comment construire un espace de jeu indéterminé avec des enfants et y mélanger nos approches par l’improvisation et nos ressentis ?
Trois temps ont été mis en place dans l’espace public avec les workshop de Kristina. Un premier où les enfants ont occupé l’espace avec quelques morceaux de bois afin d’organiser l’espace en fonction de leur idées, parfois farfelues. Puis, dans un second temps, nous avons construit une histoire à l’intérieur de chacun des petits lieux occupés avec le bois et le textile, et finalement, dans un troisième temps, nous avons imaginé une histoire dans ces espaces scénarisés pour l’inauguration avec les parents et le public le samedi suivant.
Ainsi, ces idées et ces rêves nous ont un peu aidés à dessiner puis construire chaque partie du projet. On ne peut pas dire qu’il y ait eu une transcription littérale entre les rêves plus ou moins loufoques des enfants de Tromsø et la construction du projet, mais certains éléments et surtout certains usages se retrouvent dans les quatre univers qui ont ensuite été mis en place dans l’Atoll.

The idea of the project was to build in inspiration of Kristina workshop with children about the story they wanted to create in the Strantorget. How to build and undetermined space with kids and people with your approach, improvisation, feeling… We’ve build this public meeting point between the workshop with kids and the « place making ». Three times takes place in the public space with the kids; first, the children live the place with some piece of wood and create the différent site with feeling, second, we build some story inside each site with wood and textile nofi, and finally, third, we imagine a story and relate it to the parents and local people. At the opening, we made an open workshop to create all some suit and flags to live the structure. 
So, ideas and dreams developing during the workshop help us to design each piece of the project with the deferents feeling of the workshop for example one was dedicate to sit, look, speak, meet where we design a big table, some deck chair and roof.

 

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Une inspiration locale : travailler avec DREIS

Nous avons aussi collaboré avec DREIS, un autre groupe qui fait partie du réseau local et qui est rattaché à la municipalité de Tromsø. Nous avons ainsi travaillé avec des personnes en réinsertion à certains moments de la construction. C’était un moyen de se donner une nouvelle opportunité de s’adresser à des publics différents dans la ville, un autre biais pour ouvrir le projet à ses habitants. DREIS nous a aussi procuré du bois issus d’une forêt proche et prêté des tronçonneuses pour sculpter les troncs d’arbre. Cela a pu donner une autre échelle de détails au projet. Par ailleurs, les enfants ont dit par la suite à leurs parents que toucher du bois et sentir l’odeur du pin leur rappelaient les balades en forêt.

We’ve worked with another group part of the local community : DREIS. They worked with disable and reintegrated people in the city, particularly with the municipality. They also provided us wood, materials and a few tools. 
Working with them allowed us to use local resources, and DREIS made working with trunks available. These gave the project another level of detail, and really add something to the fictional spirit of the project. Precisely, children told their parents that touching trunks and smelling pine remind them of the wood.

Une inspiration locale : travailler avec NOFI

Nous avons aussi eu la chance de travailler avec NOFI, une industrie locale. Ils sont des leaders dans la production et la conception de produits spécifiques dans les industries de la pisciculture et de l’aquaculture, possèdent une large gamme d’outils et d’équipements pour la pêche de morues et de crevettes ainsi que pour la lutte contre les déversements d’hydrocarbures. Ils développent des produits fabriqués à partir de matériaux flexibles et semi-flexibles, principalement des tissus techniques, du plastique de construction PEHD et des cordages de différentes spécifications.
Ces matériaux véhiculent un esprit marin, un langage que nous sommes heureux d’accueillir de par leur utilisation originale. Ils parlent à l’imaginaire de tout le monde à Tromso sans être non plus trop spécifique ou trop littéral. L’entreprise NOFI nous a beaucoup aidé, en particulier en fournissant de nombreuses chutes de tissu pour les ateliers avec les enfants, nous permettant de tester leur résistance et leurs possibilités.

We also had the chance to work with a local industry : NOFI. They are leader in making very specific products about harbours and oil companies that work on the sea. That’s why they have a various range of technic fabrics like real tough PVC we decided to use in our project.
These materials convey a sea spirit, a harbour language that we were pleased pleased to divert from their original use. They speak to everybody’s imaginary without being too specific or too literal. 
The company was really helpful, especially in providing many waste products for the workshops, allowing us to try out its resistance and possibilities.

 

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4/5. “Playground / Lekeplass” : un court métrage

Travailler avec « Les Films sur la Comète »
En s’installant dans un contexte particulier où l’expérimentation et la coopération avec des acteurs locaux furent importants, nous avons choisi d’écrire et de réaliser un court-métrage. Faire un film en même temps que la construction fut une façon de travailler tant sur l’imaginaire de la ville, sa mémoire et son rapport à l’enfance, que sur la transformation concrète d’un de ses espaces publics phares. Le film a été sélectionné par le Festival des films internationaux de Tromsø de Janvier 2019. C’est une belle continuité de l’expérimentation et de la diffusion du projet pilote de Raumlabor d’investir l’espace public comme point de rencontre et de dialogue de la ville.

Prise d’images et de sons avec Les films sur la Comète et les norvègiens.

Une histoire fictive au fond du Nord

L’histoire se déroule sur les pas d’une petite norvégienne qui trouve un baladeur cassettes en se promenant dans la forêt, sur les hauteurs de Tromsø. En appuyant sur play elle entend les timbres de plusieurs voix qui racontent leurs souvenirs d’enfance. Des histoires incroyables, des souvenirs de liberté, de découverte et d’aventures dans un univers maritime et naturel l’emmènent à la découverte de sa ville. Le contraste se fait alors avec le décor qui entoure la jeune norvégienne ; où sont passés ces espaces de jeux, de rencontres et d’aventures ? La caméra montre, à l’aide de plans fixes, le décor de cette ville et de ses métamorphoses. Des transformations urbaines qui en oublie souvent ses adultes et ses enfants. Finalement, le souvenir de liberté entre l’enfance et la ville, dans un jeu complexe et parfois risqué, fait écho aux recherches menées avec l’Atoll : une zone d’expérimentations temporaires, un jardin d’enfants à risque.

Voyez par vous même :

5/5. Attention, danger de mort à rebondissement !

Nous avons été officiellement invité pour réaliser une œuvre d’art temporaire dans lespace public. Mais la municipalité a été finalement dubitative sur la nature de l’objet en cours de réalisation, sur le partage des responsabilités et sur le cadre légal à donner à ce travail.

Leur première idée a été de requalifier le travail, déjà entamé,  d’aire de jeux pour enfants permanente. Imaginez-nous, le chantier déjà commencé et en cours d’improvisation, du tissu, du filet et des cordes de NOFI sur le côté, à regarder les normes européennes de jeux pour enfants ! Mais c’était sans compter sur la ténacité d’Anniken et Gro : elles ont remué toute la mairie pour réunir les différents services et arriver à trouver une issue. Les services des espaces verts, les services du parc, de la voirie et les juristes ont dû se parler et travailler de concert, tout en faisant accepter à leurs chefs respectifs les responsabilités afférentes. Finalement, nous avons pu trouver un compromis : ce sera une oeuvre d’art temporaire.

We were formally invited for the purpose of making a “temporary art project”. But soon, the municipality went sceptical about what was going on : did they really wanted an art project ? And how can this art project could become practicable, and “look like” a playground ? Sharing responsabilities and find a legal frame for this project suddtenly become quite difficult !

First idea was to redefine the work, that was already being under construction, into a “permanent playground”. We quicly found ourselves in the middle of the workshop, between wood pieces and NOFI net scraps, having a look to european playground rules ! But that was without Anniken and Gro’s determination to work it out with their collegues and find a way out of this issue. Various municipality’s departments got involved, had to talk to each other. Finally, we were able to write a contract about a “temporary art project”.

Deuxième rebond dans l’affaire. À la fin du chantier, l’oeuvre d’art temporaire laissée seule était devenue la proie à une poignée d’enfants sans limite, grimpant sur les toits de l’Atoll sans aucune conscience du danger. Leurs parents continuaient de papoter avec de grands gobelets de café comme si de rien n’était, habitués d’un monde normé dans lequel le risque et le danger ont toujours été exclus des objets laissés dans l’espace public. Nous nous retrouvons donc à finaliser quelques réglages qui nous permettent de rendre l’installation plus sécurisée. C’est aussi l’avantage d’être sur place, et de pouvoir adapter en temps réel les installations testée par leurs usagers.

Second rebound. At the workshop’s end, that “temporary art project” was left on its own and in a minute fell prey to a children’s horde, climbing on the top of the structure, unaware of danger ! Hopefully, we fixed a few things and and made it safe. It was really helpful to be there, see first uses of it and be able to adapt the all project in real time.

Quelques semaines après notre départ, nous recevons un mail de la mairie. Ils ont en effet décidé que cette œuvre d’art temporaire avait décidément plus à voir avec une aire de jeux ! Malgré une sculpture en tronc écorcé au centre, nous n’aurons donc pas réussi à tromper l’œil vigilant des services de la ville. Ces derniers ont donc mandaté un inspecteur qui nous envoie un document sans équivoque : notre projet continent 15 dangers de mort avérés, au vu des normes d’aire de jeux permanentes. On est presque étonnés de ce faible chiffre, et sceptique sur le devenir de cet Atoll maintenant fermé au public.

Là encore, nos partenaires ont été tenaces. Ils ont réussi à convaincre la mairie que tout était encore possible, et ont profité de la venue de Raumlabor pour un workshop avec des étudiants sur place pour transformer à nouveau l’Atoll. Exit les cordes et les espaces trop exigus. Exit les garde-corps qui ne montent pas assez hauts et les angles de moins de 60 degrés. Le projet a donc ainsi évolué, toujours dans un travail collectif et itératif avec la mairie et les autres acteurs du projet. Ce sont notamment les petits visages rouges que vous voyez sur les photos qui suivent. Finalement, l’installation a été ré-ouverte les semaines qui ont suivies ce travail d’adaptation, et les enfants de Tromsø ont pu à nouveau profiter de cet Atoll.

Performance des danseurs du workshop de Raumlabor.

 

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Sous la neige !
Nous avons partagé énormément de beaux moments, malgré quelques peurs et obstacles, tout cela n’aurait jamais existé sans l’énergie, la confiance et l’enthousiasme des personnes de la municipalité de Tromsø, plus particulièrement d’Anniken Romuld et  de Gro Agnethe Stokke.
Merci beaucoup à l’équipe de Raumlabor : Malin Mohr, Franziska et Jan Liesegang.
Merci beaucoup aux enfants du workshop de Kristina Junttila et le groupe DREIS.
Merci NOFI et Geer Olaf pour nous avoir ouvert vos portes et nous avoir fourni autant de matériaux !
Merci à Karolina et Hadrien des Films sur la Comète, aux habitants de Tromsø qui nous ont livré leurs récits d’enfance et à Ava et Ana pour leurs talents de comédiennes !  

Et merci pour le support de KORO et de l’institut Français de Norvège.

 

We had many beautiful moments as well with fears and obstacles, but all of this would have never take shape without the energy, confidence and enthusiasm of Tromso municipality’s people, especially Anniken Romuld and Gro Agnethe Stokke. Thanks for the Raumlabor support team, Jan Liesegang and Malin Mohr. Hopefully, people like you are shaking usual city planning methods and create space of freedom and experiment ! Thanks also for the valuable children workshops led by Kristina Junttila, local artist and the commitment of DRIES. Thanks to NOFI company and Geer Olaf in bringing their materials to the project. Thanks to Karolina and Hadrien … Finally, thanks for support from KORO and the French Institute of Norway.

 

 

 

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