Depuis maintenant deux ans, nous travaillons à la réhabilitation d’une ancienne friche industrielle dans un petit village du Royans, au pied du Vercors, dans la Drôme.

Cette friche, la Place des Possibles, est occupée par une variété d’acteurs associatifs allant de la ressourcerie à l’outil-thèque, de l’atelier de vélo partagé à l’organisation d’évènements variés. Elle est gérée par Les Tracols, engagée dans l’accueil des enfants et jeunes en difficultés. Depuis maintenant 4 ans, ce lieu se cherche, ses acteurs se questionnent sur la possibilité d’une gestion partagée et d’un engagement social structurant ses diverses activités.

Notre hypothèse est que le chantier, l’acte de construire, permet de réunir tout ce monde hétéroclite autour d’un moment convivial et fédérateur. Créer des moments de partage autre que des réunions formelles, des temps de construction collective, des grands repas soignés tenus par un chef talentueux : voilà des outils pour tenter de réunir les acteurs et se mettre tous ensemble autour de la table.

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Créativité : sérigraphie et céramique

Les temps de chantier sont accomagnés de moments plus créatifs. Tout le monde n’est pas à l’aise de se retrouver sur un chantier : il faut supporter le bruit, la poussière, souvent l’utilisation d’outils parfois dangeureux. C’est pourquoi nous faisons le choix de créer des temps plus « doux », plus ouverts, pour que chacun puisse trouver sa place.

Un premier temps en juillet 2020 a été dédié à l’impression en sérigraphie de grands textiles – dans une ancienne usine de tissage, justement.

Ce travail de motifs a été poursuivi en janvier 2021 par un travail d’émaillage de carreaux de faïence pour couvrir le grand plan de travail de la future cuisine.

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Réemploi

Un travail est mené autour du réemploi, dans une démarche de bon sens architectural et écologique. Nous avons réemployé une partie des anciens faux-plafonds en laine de roche pour une partie du doublage des murs des premières salles.

Surtout, nous avons mené un travail de détournement des gaines de l’ancienne ventilation de l’usine. Nous l’avons transformé en mobilier, en cuisine et en luminaire. Pour le moment, car l’usine regorge de ces gaines qui aurait demandé un lourd investissement à démonter et recycler – et qui sont ici simplement détournées et réemployées.

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Pas-à-pas

Il n’y a pas de « projet architectural » prédéfini. Nous faisons le pari d’avancer pas-à-pas, sans savoir où cela mènera. Cette friche avance bout par bout, suivant les énergies et les financements et dans le temps s’agrègent et parfois se désagrègent des espaces, des usages.

Il faudrait probablement un ou deux millions d’euros pour faire un « projet ». En attendant de gagner au loto, pourquoi ne pas d’or et déjà se mettre au travail ?

Cette méthodologie a été mise au point avec l’agence RA2 lors d’un workshop in situ, avec tous les acteurs, en février 2019. Elle a donné lieu à l’écriture d’une grande frise programmatique.

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Mettre en fiction

Un travail d’accompagnement est mené sur la manière de raconter le lieu – qui est toujours en évolution et n’a pas encore trouvé soin rythme de croisière.

Nous avons proposé un outil atypique : l’écriture et la réalisation d’un roman-photo. Cet outil peut paraître loufoque, mais il a justement la vertu de retrouver de la légèreté et du plaisir dans des discussions de fond qui peuvent parfois être difficiles à mener.

Il a notamment permis de mettre en avant les valeurs d’inclusion et d’engagement social au cœur du projet, ce qui est probablement un de ses spécificités au regard d’autres « tiers lieux » ou « fablab » auquel se réfère la Place des Possibles.

 

Le projet présenté par ses acteurs :

Pour faire face aux bouleversements économiques et aux mutations sociétales qui les impactent, les territoires ruraux inventent depuis plusieurs années de nouveaux éco-systèmes capables d’assurer leur revitalisation. Des espaces hybrides comme des tiers lieux, living lab… voient alors le jour où les habitants se mobilisent pour construire le vivre ensemble de demain et fabriquer des solutions capables d’améliorer leur quotidien.

C’est ainsi que sur le territoire rural de montagne du Royans Vercors, une quinzaine associations et d’acteurs locaux ont décidé, depuis 2016, d’unir leurs ressources, leurs compétences et leurs réseaux pour créer ensemble un Laboratoire d’Innovations Sociales nommé «La Place des Possibles».

Ce projet prend corps dans un lieu emblématique local, une ancienne usine de tissage à réhabiliter, aujourd’hui propriété de l’association les Tracols qu’elle met à disposition. Issues d’horizons très variés, ces associations et leurs adhérents entendent, à travers ce projet et par leur synergie, répondre davantage et plus finement aux besoins qu’elles repèrent et accompagnent localement.

Et le lieu n’attend pas d’être totalement réhabilité pour exister… Déjà depuis 4 ans, grâce à l’énergie collective déployée, toute personne peut trouver sur place des biens, des activités et des services dans les domaines de la formation, de l’inclusion numérique, de la vie associative, de l’Economie Sociale et solidaire, de l’action sociale, de la transition écologique, de la culture ou du bien-être.. Cette capacité à travailler, se mailler et innover ensemble pour répondre aux besoins de son territoire donne à cette « usine » sa texture originale et son intérêt.

La Place des Possibles est aussi un espace collaboratif apprenant où l’on invente et agit ensemble et on « apprend en marchant ». Le projet tout comme le bâtiment sont en construction avec la participation recherchée de tous. Sans modèle prédéfini, il s’adapte à ses propres configurations et évolutions et s’enrichit des idées et ressources de chacun par le brassage qu’il induit.