Du 19 au 25 septembre 2011 s’est déroulé le festival Perffusion, organisé par l’association Démocratie Créative. Durant une semaine, une cinquantaine d’intervenants, artistes et architectes, ont investi le quartier de la Laiterie à Strasbourg et ont animé l’espace public.

Qualifier un délaissé.

La proposition que nous avons faite, en collaboration avec Coloco, est une installation à l’interface entre le jardin partagé Zeugme, les locaux d’artistes de la Semencerie, et le city-stade. L’enjeux pour ce jardin public, abandonné aux profits des déjections canines, nous semblait être sa re-qualification par la réalisation d’un terrain de jeux pour le quartier. Cette installation révelerait une rue intérieure, qui relierait les différents espaces du site.

Récolter dans le quartier.

Nous avons décidé de nous appuyer au maximum sur la récupération et la réutilisation de matériaux récoltés ici et là pour un projet économe. Les serres municipales nous ont par exemple largement fourni en végétaux. Mais pour le plus gros du bois, nous avons opté pour une quête dans le quartier, avec le camion, des gilets jaunes et des annonces au mégaphone. Ceci présentait l’avantage de nous faire identifier par les habitants du quartier, de leur expliquer le projet, et de les inviter à participer. Très vite, le camion fut plein de planches et de vieilles étagères que les gens avaient sorti de leur cave.

Une maquette à l’échelle comme support à discussion.

Le premier jour du chantier a été dédié à la conception. A l’aide de ficelles et de rubalises, nous avons symbolisé les grandes lignes du projet à l’échelle une. Ceci permettait ensuite à tout un chacun de tester, de discuter et de modifier différentes configurations, rôle habituellement tenu dans les agences d’architecture par les modélisations informatiques ou les maquettes en cartons, outils demandant une capacité à se représenter mentalement les espaces.

Le programme a été établi à ce moment là, et il fut décidé qu’outre les assises, il serait installé une cabane à outils pour le jardin collectif, un barbecue, une balançoire et un punching-ball. De plus, les services de la ville devraient venir ouvrir les grilles du city-stade pour que les utilisateurs du terrain de foot puissent directement passer dans cette nouvelle rue, tenue par l’installation.

En fin de journée, un pique-nique d’ouverture du festival eu lieu sur le site, moment pendant lequel nous avons pu échanger sur le projet grâce à cette maquette filaire représentant l’ensemble du projet.

Des soirées propices à l’échange.

Ce fût l’occasion d’une soirée où divers groupes de musique se succédèrent, et pendant laquelle nous avons mis en place un “atelier frite”, prétexte à la rencontre. Plusieurs stands, un premier pour éplucher les patates, un second pour les couper, un troisième pour les frire et plier son cornet, rassemblaient les ventres creux dans l’attente d’une frite correctement dorée.

Des ateliers de construction et de jardinage ouverts à tous.

Au deuxième jour, la construction commença et permit de poser les bases de la structure. Quelques règles furent posées afin de donner une certaine unité au projet.

– La largeur de la bande correspond à une longueur de palette de bois, soit 1.20m, et en même temps chaque module doit respecter une trame de 40cm de large – l’équivalent d’une demi largeur de palette.

– La structure des portiques doit être réalisé avec les chevrons récupérés lors de nos derniers chantiers, afin de garantir la résistance.

– Le bardage latéral doit suivre une trame de 10 cm, peut importe l’origine du bois.

– Les surfaces horizontales sont en bois sombre récupéré chez les 3RS.

– Les surfaces verticales intérieures doivent être en bois clair, de teintes homogènes.

Une table ronde pour échanger des expériences.

Jeudi soir, nous avons organisé une table ronde qui était l’occasion se s’interroger sur le rôle que peut jouer la réappropriation des délaissés urbains dans le cadre de projets urbains. Autour de la table étaient réunis les Coloco (Paris), les Saprophytes (Lille) et les 3RS (Strasbourg).

Un atelier d’écriture pour récolter la parole des habitants.

Parallèlement au chantier, les habitants étaient invités par Joris Formet à parler et écrire sur leur quartier. Ils essayaient d’en faire resortir une idée forte qu’ils écrivaient ensuite sur le mur opposé à la construction. Préalablement peint en noir, et à coté de l’intervention de l’artiste Philippe Baudelocque, ce travail entrait en résonance avec l’installation et participait à la valorisation du terrain vague central.

Un pique nique d’inauguration.

Les derniers détails du chantier furent achevés le samedi, laissant place, dimanche midi, à un pique-nique partagé, célébrant les tests réussis de la balançoire, du punching-ball et du barbecue.

Photos de la semaine de chantier, dans l’ordre chronologique.

 

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