Dans cette histoire nous plantons des piquets, construisons une cabane et des grandes tables, au pied d’un grand peuplier – du latin populus – au cœur du quartier Saint Michel à Apt. Avec nos amis et complices du Maquis qui se sont immiscés dans la vie associative locale, ainsi que les curieux, les enfants, les mamans et les futurs jardiniers nous imaginons puis aménageons un potager à partager. Toujours avec le concours d’amis proches ou des rencontres fortuites, tous prêts à mettre la main à la pâte, et dans la bonne humeur s’il vous plaît ! Merci à eux et à elles !

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Depuis deux ans nos amis du Maquis assurent une permanence dans le quartier de Saint Michel. À force de présence et de discussions avec les voisin.e.s, une série de projets ont émergés, catalysés autour de la création d’une association : Ensemble à Saint Michel.
Dans ce quartier qui souffre classiquement de l’absence de services : pas de transport collectif pour connecter ce quartier excentré au reste de la ville, peu de commerces, pas ou peu de salles mises à disposition pour des associations. Pourtant une partie de la population a très envie de se rassembler pour mettre des pratiques en commun.
Parmi les projets envisagés, la création d’un jardin partagé occupe une bonne place dès le départ. L’année dernière, à défaut d’avoir trouvé un site adéquat, nous avions travaillé sur l’espace de jeux, aux abords de l’école primaire.
lire >>> À l’ombre du Lub

Grâce au actions du Maquis, appuyées par nos interventions ponctuelles, un lien de confiance s’est tissé au fil des années avec la maire, et c’est suite à ce dernier chantier que la municipalité, jugeant la dynamique crédible, s’est décidée à mettre à disposition un terrain et un budget pour la création d’un jardin partagé. Le terrain se situ juste en contrebas des terrains de jeu, en belvédère sur la vallée d’Apt.  Le budget de travaux d’un autre jardin dans un autre quartier a été transféré au projet. Il n’avait pas pu voir le jour à défaut de portage.


L’équipe du Maquis amorce alors une réflexion sur le devenir de ce terrain avec les futurs jardiniers. Le budget disponible doit permettre de travailler clôtures, cabane(s) de jardin, et adduction d’eau.
De concert avec les jardiniers en puissance, nous décidons d’alléger au maximum la clôture, l’enjeu n’étant pas de fermer le terrain, mais au contraire de le rendre visible en le délimitant. Nous optons pour une grande cabane collective, et ajoutons du mobilier pour créer un espace convivial autour du grand peuplier qui trône majestueusement au milieu du jardin.

À l’heure on on vous écrit, Au maquis continue sa mission d’animation et d’accompagnement du jardin et bien plus. Sophie, une voisine très impliquée dans le projet et le quartier a obtenu un poste créé à la Maison pour Tous, essentiellement basé sur l’accompagnement de projets dans le quartier !

Le chantier du jardin du Populus s’est mené en trois actes, dictés par une logique d’implication croissante des jardiniers, mais aussi des contraintes calendaires et administratives (temps de conception puis de validation des permis de construire, etc.) et évidemment de la météo !

 

Acte 1// Mobilier au pied du populus
Avril

La première action symbolique pour lancer la nouvelle dynamique sur le terrain est l’installation d’un mobilier robuste autour du peuplier central. Table, transats et plan de travail seront les premiers éléments à prendre place à l’ombre de l’arbre, ils sont les marqueurs de la transformation de ce terrain vague en véritable espace public ouvert et en attente d’appropriation par les habitants du quartier.

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Pour l’occasion nous nous lançons dans des assemblages en chevrons encochés / moisés (quasi en mode chalet suisse) ce qui est très plaisant à faire mais aussi très chronophage. Nous testons pour la première fois la peinture de falun, dite suédoise, c’est une façon d’utiliser des produits locaux avec les ocres de Provence produits dans la région de Apt, mais aussi des nuances de vert venus d’Italie. Nous nous lançons dans la cuisine aux quatre vents, qui s’améliorera au fil des chantiers, d’une peinture aux odeurs d’huile de lin.
Avis aux amateurs la recette est ici. Plus de recettes de peintures naturelles sur le site de l’APTE. Les fournisseurs d’ocres sont aussi d’excellents conseils. (Nota bene : la recette peut changer en fonction des pigments utilisés)

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Un grand merci aux hommes de la forêt, les sangliers jurassiens pour le coup de mains fortes, aux voisins voisines pour leur aide précieuse : Sophie, Sophie, Pierre et la bande d’enfants, à Roméo et Clément qui nous ont gratifié d’un beau panneau de réclame, pour annoncer l’arrivée du jardin et ses futures étapes, et aux curieux qui nous ont apporté gâteaux et couscous pendant les quelques jours de chantier !

 

Acte 2// Clôture en bois de cèdre
Mai

Fin mai arrive le sujet délicat mais inévitable : la clôture ! Impossible d’y couper, le jardin doit être clos tout en restant un lieu ouvert sur le quartier.
En cherchant de l’inspiration nous avons glaner des références chez nos amis paysagistes de l’Atelier Bivouac. De leur projet aux abords du lac de Vassivière nous ai venu l’idée de retravailler avec le bois de cèdres de la forêt voisine. Nous avions déjà rencontré Georges, qui garde cette magnifique forêt lors d’un projet à la cité Docteur Ayme à Cavaillon (toujours avec Le Maquis).

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Avec l’aide de Marco, notre bûcheron au grand cœur nous sommes allés éclaircir quelques arpents de forêt, après indication et sélection par notre garde forestier. Les tiges fines avec lesquelles nous sommes reparties sont venues rythmer la clôture du jardin donnant sur rue .
Pour le reste du pourtour, sur la base de notre expérience de pâturage au Fort de Tourneville au Havre, nous avons opté pour une esthétique clôture à mouton, robuste mais légère visuellement.
Bien que nous étions réticents à priori à clore le jardin,  il faut admettre qu’en fin de compte la délimitation lui donne une contenance, une identité. Elle aide à son identification et le rend certainement plus appropriable.

 

Acte 3 // La Cabane collective
Septembre

À la rentrée de septembre, nous revenons sur place pour – enfin – construire la cabane collective.
Bien que nous ayions tenté des premières implantations de parcelles au mois de mai et amorcé des discussions collectives sur le fonctionnement du jardin, l’été sec a empêché le commencement du maraîchage. La terre est dure comme du rocher, la pluviométrie du Lubéron n’est pas très intense ! Ce qui confirme la nécessité d’un système d’irrigation et de récupération d’eau pluviale.
L’adduction d’eau a été lancé par la mairie peu de temps avant et à notre arrivée une tranchée coupe le terrain en deux jusqu’à l’emplacement de la future cabane. Cette dernière sera implantée sur la zone la moins cultivable du terrain, tassée par des années d’utilisation comme stationnement “spontané” de voitures pour l’école un peu plus haut.
Nous entamons une semaine intense, comme d’accoutumée en chantier, particulièrement accentuée cette fois-ci par l’annonce et l’avènement d’un mardi pluvieux. On commence dare dare sur un lundi charbonneux : découpe de la charpente, assemblage des 6 portiques, cuisine et application de la peinture de falun dans la foulée.
Le stand cuisine de peinture chauffera en continu tout le long du chantier, on ajoute un bleu un peu fort pour contraster l’ocre et le vert aux teintes plus naturelles !

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Avec ses grandes portes et parois coulissantes, la cabane s’ouvre largement sur le jardin et le mobilier extérieur qui la prolonge. Elle est pensée comme un espace de stockage et de rangement mais pas seulement. Ses 20 mètres carrés lui permettent d’accueillir un petit espace permettant de se réunir et les châssis vitrés servent de serre aux semis préparés sur le plan de travail attenant.
Nous profitons des intempéries du mardi pour aller chercher chez un producteur de vin une cuve d’occasion qui servira à la récupération des eaux pluviales pour l’arrosage du jardin.
Le reste de la semaine continue sur un rythme effréné entre sprint et marathon, toujours dans la bonne humeur et rejoint par de plus en plus de monde, notamment par la compagnie Paulette, qui a un projet hybride entre médiation et captation sonore dans le quartier.
Le samedi nous jouons les prolongations avant l’inauguration qui a lieu dans l’après-midi. Un goûter de fin d’été, de fruits et de gâteaux, et des voisins pour investir ce nouvel espace.

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On reviendra sur place quelques semaines plus tard pour finir les travaux d’irrigation grâce aux compétences en la matière de Martio, proche du Maquis et on en profitera pour ajouter une manche à air cousue maison sur les hauteurs de la cabane.

Maintenant, il ne reste plus qu’à jardiner !

MERCI MERCI MERCI

Merci à Chloé, Maxime, Mathilde et Loulou de s’être joint à nous sur ce le dernier opus du chantier, qui remportent haut la main la médaille du marathon.
Merci à Philippe et Sophie qui nous ont filés un coup de pouce tout au long de la semaine.
Un grand merci aux maquisards, et aussi à la ville d’Apt et notamment à Aline et Lilian.